Le responsable politique, co-rédacteur du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, Tafsir Thioye conteste radicalement la validité des convocations émises après la démission du président de la Chambre, El Malick Ndiaye. Selon lui, « c’est El Malick lui-même qui a convoqué cette réunion pour annoncer sa démission donc automatiquement la réunion de la Conférence des présidents est annulée, c’est pourquoi mardi on ne peut pas se réunir. C’est une irrégularité ».
L’argumentation technique de l’ancien parlementaire s’appuie sur le non-respect du protocole de l’article 15 qui encadre rigoureusement la vacance au perchoir. « Parce que la démission de El Malick est régie par l’article 15, je fais partie de ceux qui ont écrit ce Règlement intérieur qui dit en son alinéa 2 (NDLR : alinéa 5) la vacance de la présidence par démission, empêchement définitif ou décès, c’est le Premier Vice-Président après avoir convoqué le Bureau qui la constate en informe l’Assemblée. Celle-ci ne peut entamer aucune autre affaire. Il est procédé à l’élection d’un nouveau Président sous la présidence d’un Vice-Président selon la procédure décrite dans ce présent article ».
Dès lors, l’implication active d’El Malick Ndiaye dans la suite de la procédure constitue un vice de forme rédhibitoire. « Donc si El Malick, président de l’Assemblée nationale, vient convoquer le Bureau pour leur annoncer sa démission, il doit s’arrêter là, on constate la démission et il part, il ne devrait même pas assister à la réunion », tranche Tafsir Thioye. Il rappelle le parallélisme des formes qui aurait dû s’appliquer : « Par la suite, le Vice-Président convoque une autre réunion du Bureau qui la constate et fait constater cela, et convoque la Conférence des présidents, et c’est la constatation de la Conférence qui est valable ainsi, c’est ce qu’elle décide qui sera appliquée ».
Au-delà de ces manquements textuels, le calendrier imposé au pas de course pose un sérieux problème de légitimité logistique pour les députés. dénonçant la précipitation avec laquelle la réunion s’est tenue: « ils ont convoqué le Bureau, la Conférence des présidents, et l’Assemblée nationale en plénière entre 15 h et 16h Mais celle-ci s’est tenue non seulement à un jour de fête, c’est irrégulier, il y a même des membres qui devaient être là et qui ne sont pas venus parce qu’ils ne sont pas à Dakar ».
« En gros, la plénière de mardi ne pourra pas se tenir parce que c’est teinté d’irrégularités et de vices de procédures », a -t-il fustigé sur le plateau de Sen Tv.