Les ministères des Forces armées et des Mines et de la Géologie ont signé, mardi à Dakar, un protocole d’accord portant sur la délimitation et la sécurisation de sept couloirs d’orpaillage dans les régions de Kédougou et de Tambacounda (sud-est), dans le cadre de la lutte contre l’exploitation minière clandestine.

Ce partenariat, conclu pour une durée de deux ans, prévoit la réalisation de ces aménagements pilotes, dont trois seront prioritairement mis en œuvre à Kédougou, a indiqué le ministre des Mines et de la Géologie, Cheikhou Oumar Seck.

Selon M. Seck, l’exploitation minière artisanale fait vivre plus de 30 000 personnes au Sénégal, mais sa pratique clandestine entraîne des conditions de travail dangereuses, la dégradation des écosystèmes et la pollution des cours d’eau, notamment la Falémé. Elle favorise également des circuits informels de commercialisation de l’or et constitue un enjeu sécuritaire dans les zones frontalières.

Le ministre a expliqué que cette initiative s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à mieux encadrer l’exploitation minière artisanale et à petite échelle, avec pour objectif de formaliser au moins la moitié des acteurs du secteur d’ici à fin 2029 et d’assurer une meilleure traçabilité de la production d’or.

À terme, les autorités ambitionnent d’ouvrir 35 couloirs d’orpaillage, dont dix pilotes. Ces espaces, d’une superficie indicative d’un kilomètre carré chacun, seront délimités et sécurisés. Ils disposeront notamment de forages, d’installations solaires, de toilettes, de lieux de prière et d’espaces de restauration.

Des crèches sont également prévues afin de faciliter le travail des femmes orpailleuses et de protéger les enfants des risques liés aux sites d’exploitation, a précisé Cheikhou Oumar Seck.

Pour sa part, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a souligné que la délimitation des sites et le contrôle de leurs accès contribueront à réduire les espaces propices aux activités clandestines et à renforcer la présence de l’État dans ces territoires.

Il a indiqué que son département, à travers l’état-major général des armées et la direction du génie et de l’infrastructure des armées, assurera la coordination, la supervision et l’exécution technique des travaux.

Chaque site nécessitera environ quatre semaines de travaux et mobilisera près de 25 militaires, a-t-il assuré, ajoutant que des rapports réguliers sur l’avancement physique et financier du projet seront transmis aux organes de suivi.

Les quatre autres sites seront concernés après la réalisation des validations techniques, géologiques, cadastrales, foncières et environnementales requises.

APS.SN