​Mamadou Kassé justifie son départ de l’Alliance pour la République (APR) par une question de convictions et de liberté politique. S’il affirme ne plus partager certaines orientations de son ancienne formation, l’ancien responsable politique revendique sa fidélité à son parcours et reconnaît l’influence déterminante de Macky Sall, qu’il considère toujours comme l’un de ses mentors. Il refuse toutefois de dévoiler les raisons précises de son départ.

​Mamadou Kassé assume son départ de l’Alliance pour la République (APR), sans pour autant renier son passé politique ni les relations qu’il a entretenues avec Macky Sall. Invité du Jury du Dimanche, l’urbaniste a expliqué les principes qui ont guidé sa décision, en mettant en avant la fidélité, la lucidité et la liberté de choix : « Moi, j’estime être armé de fidélité. J’estime être armé de lucidité et j’estime aussi être un homme libre qui sait faire des choix », a-t-il déclaré.

​Pour lui, l’engagement politique ne saurait se réduire à une fidélité personnelle à un dirigeant. Il repose avant tout sur des convictions et sur la capacité à assumer ses décisions, même lorsqu’elles conduisent à quitter une organisation à laquelle on a longtemps appartenu : « Je ne peux pas rester dans une organisation où je ne partage pas les vues et où je reste juste pour déterminer une fidélité à un homme. Pour moi, ce ne sont pas des convictions », a-t-il expliqué.

​« Avoir le courage de ses idées »

Mamadou Kassé présente son départ de l’APR comme le résultat d’une lecture rigoureuse de la situation et des circonstances politiques. Il affirme avoir estimé que la meilleure décision était de quitter le parti, tout en conservant les enseignements tirés de son expérience au sein de cette formation. Il invoque notamment la liberté d’association — la liberté d’entrer dans une organisation politique comme celle d’en sortir —, mais aussi la responsabilité qui accompagne toute décision : « La liberté de faire des choix, mais surtout, à la fin, la responsabilité de les assumer. Et c’est mon cas », a-t-il insisté.

​L’ancien responsable politique précise que sa décision ne signifie pas qu’il rejette l’ensemble de son parcours à l’APR. Il dit au contraire vouloir préserver ce qu’il a appris au contact des personnalités qui ont contribué à sa formation politique. S’il assume son départ, Mamadou Kassé garde cependant le silence sur les motifs précis qui l’ont conduit à prendre ses distances avec son ancienne formation. Il considère que certains éléments doivent rester confidentiels, notamment lorsqu’ils sont susceptibles de porter préjudice à une organisation ou aux personnes concernées : « Les raisons, les détails, ça, ce sont des secrets que je peux emporter dans ma tombe », a-t-il affirmé, laissant entendre qu’il entend préserver certaines informations malgré son départ.

​Macky Sall, un mentor qu’il continue de reconnaître

Malgré cette rupture avec l’APR, Mamadou Kassé ne remet pas en cause la place de Macky Sall dans son parcours. Il reconnaît que l’ancien président de la République a largement contribué à sa formation et à sa manière d’appréhender l’action politique : « Certainement que je dois le puiser de mon mentor, le président Macky Sall, l’un de mes mentors, parce qu’il est resté quand même un mentor sur plusieurs années, quelqu’un qui m’a beaucoup inspiré dans ce que je faisais », a-t-il déclaré.

​Mamadou Kassé souligne ainsi la distinction claire qu’il établit entre la reconnaissance envers une personnalité qui l’a accompagné et l’adhésion permanente à une organisation politique. À ses yeux, les liens construits au fil des années ne doivent pas empêcher un responsable de prendre ses distances lorsque ses convictions ne correspondent plus aux orientations de son parti. Son témoignage dessine donc les contours d’une séparation qu’il veut assumer sans reniement, revendiquant sa liberté de décision tout en maintenant sa reconnaissance envers Macky Sall et en préservant les éléments de son parcours qu’il estime devoir garder confidentiels.

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