Le Sénégal veut faire de l’assainissement de sa dette la condition de son programme d’électrification. Ouvrant la Table ronde des partenaires pour l’accès universel à l’électricité, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a présenté le Plan de Traitement de la Dette comme le cadre auquel tout nouvel engagement devra se conformer.
Selon le ministre, ce plan vise à « ramener le service de la dette à un niveau soutenable » et à dégager des marges budgétaires pour les investissements prioritaires, au premier rang desquels l’électrification. Il s’inscrit dans un effort de redressement dont il a rappelé les premiers résultats : le déficit budgétaire est passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025.
Le ministre a aussi indiqué que 300 milliards de francs CFA seront mobilisés d’ici la fin de l’année pour apurer les sommes dues aux entreprises. L’objectif est, selon lui, de soulager leur trésorerie et de restaurer la confiance des opérateurs privés, notamment ceux du secteur de l’énergie, déjà bénéficiaires d’une « discrimination positive » dans la Loi de Finances rectificative 2025. Ce volet interne s’appuie sur un accord technique conclu le 1er septembre avec les services du Fonds monétaire international (FMI). Il porte sur un programme de trente-six mois au titre de la Facilité élargie de crédit, pour environ 2,2 milliards de dollars, soit plus de 1244 milliards de francs CFA. L’accord doit encore être approuvé par le Conseil d’administration du Fonds. Il repose notamment sur la mobilisation des recettes intérieures, la rationalisation des dépenses et une réforme progressive des subventions énergétiques, mieux ciblées vers les ménages vulnérables.
Face aux partenaires, Cheikh Diba a posé une exigence : chaque engagement devra être « soutenable, exécutable et cohérent » avec le programme du FMI et le plan de traitement de la dette. Il a notamment relevé que plus de la moitié des financements signés dans le secteur depuis 2018 provient de banques commerciales, et a dit vouloir « inverser cette tendance ». Il a invité les bailleurs à privilégier les dons, les prêts hautement concessionnels et les financements mixtes. Les arbitrages seront « serrés », a-t-il prévenu, et ne retiendront que les projets à forte rentabilité économique et sociale, avec un moindre impact sur la dette.