La tension monte autour des assiettes foncières situées dans la zone du Lac Rose. Les membres de la Coopérative d’habitat « And Tabax Kër » (CHATAK), regroupant les travailleurs de La Poste du Sénégal, ont organisé leur quatrième marche de protestation. La mobilisation s’est achevée par une tentative de dépôt de mémorandum auprès du préfet du département de Rufisque, à l’issue d’un défilé parti de l’École Nationale des Postes.

Au cœur du grief exprimé par Saliou Gningue, secrétaire administratif de la coopérative, se trouvent deux grands projets étatiques : le prolongement de la Voie de dégagement nord (VDN) et l’aménagement du pôle urbain du Lac Rose.

Selon les représentants de la CHATAK, ces chantiers, déclarés d’utilité publique par décret depuis plusieurs années (notamment un décret signé le 22 janvier 2022 pour la VDN), sont aujourd’hui frappés de caducité. Le droit prévoyant un délai maximal de trois ans pour procéder aux expropriations ou indemniser les propriétaires titulaires de titres fonciers, la coopérative estime que les blocages actuels n’ont plus de fondement légal.

« Nous souffrons tellement de cette situation que nous ne pouvons pas jouir de nos biens. Aujourd’hui, nous voulons que ces blocages soient levés pour que nous puissions disposer de nos terrains », a martelé Saliou Gningue.

Un préjudice social majeur pour plus de 500 ménages

Les membres de la coopérative rappellent avoir investi les économies de toute une vie « plus de 15 ans de contributions pour acquérir et aménager ces parcelles » . Aujourd’hui, les démarches administratives telles que les mutations foncières, les ventes ou les constructions individuelles y sont totalement gelées.

Outre la situation des postiers, la coopérative alerte sur l’impact global de la gestion du pôle urbain du Lac Rose, qui englobe une superficie estimée à 70 000 hectares et menace directement l’assiette foncière de plusieurs villages riverains, dont celui de Niague.

Face à l’absence de réponse concrète aux courriers adressés à l’administration territoriale, la CHATAK exige l’effacement immédiat des repères et marquages posés sur le terrain par Ageroute et menace de procéder elle-même à leur retrait.

Déplorant l’absence d’interlocuteurs lors de leur passage à la préfecture, les syndicalistes et membres de la coopérative interpellent directement les membres du gouvernement, notamment les ministères du Budget, des Infrastructures et de l’Urbanisme, ainsi que la Direction générale d’Ageroute.

Le secrétaire général a adressé un message solennel au Président Bassirou Diomaye Faye, lui demandant de prendre personnellement en main ce dossier foncier pour garantir le respect des droits des travailleurs et débloquer définitivement leurs titres d’habitation.