Couplage des élections au Sénégal : « Le défi est organisationnel »…
L’hypothèse d’une tenue simultanée des élections territoriales et de législatives anticipées suscite le débat. Interrogé par L’Observateur sur la faisabilité d’un tel projet, l’expert électoral Abdou Salam Bass estime que « le défi n’est pas juridique, mais avant tout, organisationnel », soulignant que la réussite d’une telle opération dépendra d’une planification rigoureuse.
Une faisabilité juridique sous réserve d’un calendrier rigoureux
Sur le plan juridique, l’expert considère que rien n’empêche de coupler les deux consultations. Il rappelle toutefois que les élections territoriales sont déjà encadrées par le Code électoral, contrairement à d’éventuelles législatives anticipées. Selon Abdou Salam Bass, les procédures préparatoires peuvent être articulées à condition de respecter un calendrier précis, les dépôts de candidatures étant gérés par des autorités différentes : les préfectures et sous-préfectures pour les territoriales, la Direction générale des élections (DGE) pour les législatives.
Le principal risque : l’organisation du scrutin
Pour Abdou Salam Bass, le véritable défi se situera le jour du vote. Les électeurs pourraient être amenés à effectuer plusieurs votes successifs dans un même bureau. Il avertit que « sans une organisation irréprochable, les bureaux de vote pourraient rapidement être confrontés à de longues files d’attente », avec le risque de ralentir les opérations électorales et de susciter des contestations sur la transparence du scrutin.
Des économies financières à relativiser
L’expert nuance également l’argument budgétaire. Si un couplage permettrait d’éviter une double mobilisation des infrastructures et du personnel électoral, les coûts d’impression des bulletins resteraient élevés en raison du système de bulletins multiples. Les économies, explique-t-il, concerneraient donc surtout l’organisation générale plutôt que le matériel électoral.
Deux circuits distincts pour les résultats
L’interlocuteur du quotidien du Groupe futurs médias rappelle enfin que les deux scrutins obéissent à des procédures différentes de centralisation et de contentieux. Il recommande la mise en place de commissions distinctes dans chaque département afin d’éviter tout engorgement et de garantir la proclamation des résultats dans les délais prévus.
En conclusion, bien qu’il juge le couplage juridiquement possible, l’expert affirme que « la meilleure option demeure l’organisation de deux scrutins distincts », estimant qu’elle offre les meilleures garanties pour assurer la sérénité et la crédibilité des opérations électorales.