Interrogée sur les conséquences politiques de l’arrivée d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale et sur sa volonté affichée d’incarner l’opposition, Aminata Touré a refusé d’entrer dans une logique d’affrontement. Alors que certains observateurs évoquent une cohabitation inédite entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien allié devenu principal contre-pouvoir institutionnel, la Haute représentante du chef de l’État préfère relativiser cette lecture. « C’est vous qui parlez de cohabitation », a-t-elle répondu, soulignant qu’elle privilégie avant tout une approche responsable de la situation politique actuelle.
« Les contre-pouvoirs ne sont pas un problème »
Pour Aminata Touré, l’existence de contre-pouvoirs dans une démocratie ne constitue pas une menace pour le fonctionnement de l’État. Au contraire, elle estime qu’un débat contradictoire peut contribuer à améliorer la qualité des politiques publiques. « En tant que démocrate convaincue, je ne vois pas d’inconvénient à l’existence de contre-pouvoirs si cela permet d’obtenir de meilleures lois et de meilleurs programmes pour le pays », a-t-elle affirmé. Elle se dit convaincue qu’une majorité parlementaire aura du mal à s’opposer à des projets de loi qui répondent clairement aux attentes des populations. Selon elle, l’intérêt général doit rester le principal critère d’appréciation de l’action politique. « Je doute qu’une Assemblée nationale vote contre des projets qui vont manifestement dans l’intérêt des Sénégalais. Si tel était le cas, le peuple saurait en tirer les conséquences », a-t-elle averti.
Pas de commentaire sur les menaces de blocage
Questionnée sur les déclarations d’Ousmane Sonko affirmant que le nouveau gouvernement pourrait tomber en 72 heures si PASTEF le décidait, Aminata Touré a soigneusement évité toute polémique. Elle a renvoyé les journalistes vers le président de l’Assemblée nationale lui-même pour commenter ses positions. « Pour le reste, vous poserez directement la question à Ousmane Sonko lorsque vous l’inviterez », a-t-elle lancé. Une manière de marquer sa volonté de ne pas personnaliser davantage le débat politique, tout en rappelant qu’elle intervient exclusivement en sa qualité de représentante du chef de l’État.
Un appel à dépasser les querelles politiques
À la question de savoir quel message elle souhaiterait adresser aujourd’hui à Ousmane Sonko, Aminata Touré a choisi de s’adresser plus largement à l’ensemble de la classe politique sénégalaise. Elle affirme ne nourrir aucun message particulier à l’endroit de son ancien compagnon politique et préfère lancer un appel collectif à la responsabilité. « Je m’adresse à l’ensemble des acteurs politiques, à l’opposition républicaine, à la société civile et surtout aux Sénégalais », a-t-elle déclaré. Pour l’ancienne Première ministre, les préoccupations quotidiennes des citoyens dépassent largement les rivalités entre responsables politiques. « Les querelles de politiciens n’intéressent pas le pays réel. Notre unique préoccupation doit être de faire progresser ce pays et d’éviter des crises institutionnelles futiles », a-t-elle insisté.