
Dans notre société, nous savons chercher de l’aide pour le corps.
• Une épaule douloureuse ? Nous allons voir l’orthopédiste ou le rhumatologue.
• Un enfant malade ? Nous consultons le pédiatre.
• Une douleur thoracique ? Nous rencontrons le cardiologue ou le gastro-entérologue.
Mais lorsque notre esprit souffre, lorsque la tristesse, l’angoisse, ou la fatigue émotionnelle pèsent de tout leur poids, nous nous taisons. Nous faisons semblant d’aller bien. Nous nous cachons…
Pourquoi ?
Parce que nous redoutons les jugements, les remarques péjoratives, les rumeurs.
Parce qu’on nous renvoie des phrases qui blessent et marquent à vie.
Même après guérison ou rémission, on nous réduit à un mot cruel :
« Doff dou werr » 😥
(Un fou ne guérit pas.)
Cette peur du regard des autres nous pousse à endurer en silence, à attendre le débordement pour demander de l’aide.
Une priorité nationale et un devoir collectif
Le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé sa volonté de faire de la santé mentale une priorité de santé publique.
C’est une avancée majeure. Mais pour que cette ambition prenne vie, nous devons :
• Briser le mur des préjugés.
• Remplacer la stigmatisation par l’écoute.
• Faire comprendre que la santé mentale est une composante essentielle de la santé globale.
Apprendre à s’écouter
L’épisode récent de Khalima Gadji notre talentueuse actrice que nous aimons bien (Yalla na Yalla feugg sa bopp🫶🏾🩷🙏🏾), bouleversant et douloureux, doit être un rappel :
Nous devons apprendre à écouter notre mental, à détecter nos signaux d’alerte, et à nous accorder la même attention que pour notre santé physique.
Dans nos familles, on sait partager le thiéb, on sait se rassembler pour un baptême, un mariage ou un deuil… mais quand il s’agit de partager et panser les blessures invisibles, on est de vrais thiounés .
Pourtant, un cœur qui saigne à l’intérieur vaut autant qu’un corps malade. Alors, comme on veille sur nos récoltes avant la saison sèche, veillons sur notre esprit avant qu’il ne se dessèche.
Parce qu’ici, au Sénégal, “nit, nitay garabam”
Avant de juger, écoutons-nous.
Avant de parler, mesurons nos mots.
Avant qu’il ne soit trop tard, tendons la main.