Mes chers amis,
C’est vrai que notre pays est dans une situation où les repères s’éloignent et donc naturellement, les transgressions de nos codes sociaux se multiplient.

Chacun choisit un camp et désigne son coupable dont il fait immédiatement son ennemi.

Du point de vu rationnel, c’est compréhensible car les raisons qui nous poussent dans l’excès existent bel et bien. Mais sommes nous là juste pour récrire à chaque fois la même histoire, avec juste des acteurs différents ?

Je pense qu’une société a besoin d’une élite qui se distingue par la hauteur de ses analyses et par sa capacité à surmonter la tentation d’exprimer ses indignations.

Il faut des opinions contradictoires pour justement construire des équilibres en marge des extrêmes.

Il ya des choses qui ne sont ni acceptables et ni défendables. Ces questions doivent, sans compromis aucun, être traitées par les instruments de l’Etat, mis en œuvre à cet effet.

Pour le reste, nous devons absolument promouvoir le respect des personnes, qu’importe les crimes qu’ils ont commis et les offenses qu’ils accumulent.

Ce respect n’est pas un acte de clémence ou une incitation à la récidive.

Il est juste destiné à contenir les colères extrêmes qui sont un désastre pour la cohésion nationale.

La responsabilité première est celle des dirigeants du pays immédiatement suivi par celle de la justice. Ensuite, viennent les amortisseurs de tensions et les fabricants de concorde.

En résumé, il faut chercher a être parmi le meilleur des hommes, pour empêcher aux pires des hommes d’exister.

L’impatience est légitime. Cependant tant que les guerres de tranchée peristeront, le temps utile, hélas, sera consommé par des ripostes jusqu’à l’épuisement générale.

Laissons les hommes avec leurs faiblesses. Laissons les coupables à la justice. Enfermons les « maximalistes » dans le silence. Laissons les médiocres dans leurs délires car les écouter nous angoisse, nous énerve et nous épuise.

Ce que nous vivons au Sénégal, c’est le syndrome d’une paix impossible car tout le monde est défaillant et tous les systèmes sont viciés par des hommes, qui confondent le destin d’une communauté avec le destin de leurs ambitions.

La plume que je porte est elle-même corrompue par mes opinions. Mais je tente de faire en sorte que l’encre qu’elle délivre ne soit jamais contaminée.

Qu Allah nous assiste et nous délivre de nos faiblesses. Que tous ceux qui sont investis du pouvoir de changer les choses soient inspirés par leurs devoirs et qu’ils soient sourds face aux jugements qui les accable. Que tous les prédateurs, ne trouvent de proies que dans le champ de ce qui leur appartient.

Ibrahima Nour Eddine DIAGNE