
L’affaire autour de la révocation du maire de Dakar continue de susciter des débats. Invité dans l’émission « Jury du dimanche » sur iRadio, Modou Diagne Fada, ancien ministre des Collectivités territoriales et président de LDR/Yessal, a critiqué la démarche du ministre Moussa Balla Fofana et du préfet de Dakar, qui ont engagé une procédure pour élire un nouveau maire en remplacement de Barthélemy Dias.
« Le ministre aurait dû faire preuve d’élégance républicaine »
Pour Modou Diagne Fada, la démarche du ministre n’était pas appropriée, surtout alors que le dossier est pendant devant la Cour suprême. « Dès qu’ils ont appris que la Cour suprême allait se prononcer le 18 septembre, la lettre au préfet aurait dû être retirée pour l’élégance républicaine », dit-il.
Même s’il reconnaît que du point de vue du droit, « on ne peut pas le lui reprocher », Fada estime qu’il aurait adopté une autre approche, en attendant la décision de la Cour suprême.
Revenant sur le cadre légal, l’ancien ministre rappelle que la révocation d’un maire ne peut être décidée que par décret présidentiel. « Le Code général des collectivités locales est clair : un maire ne peut être révoqué que par un décret du président de la République, pour des faits très précis ».
Il dénonce une confusion volontaire entre la perte du statut de conseiller municipal et celui de maire. « Le maire de Dakar a été élu au suffrage universel direct. Ce n’est pas la même chose que d’être simple conseiller. Je pense qu’il y a surtout une volonté politique d’écarter un adversaire ». Pour appuyer son argument, Fada rappelle son expérience ministérielle. « Quand j’étais ministre, certains maires étaient absents du pays pendant de longs mois. On m’avait demandé d’écrire au préfet, mais j’ai refusé, parce qu’un maire élu au suffrage universel ne peut pas être écarté aussi facilement ».
Il estime que la situation actuelle ne justifiait aucune précipitation, puisque le premier adjoint assure déjà l’intérim sans blocage de l’institution municipale.