Le service de communication de la Présidence l’assure : Diomaye Faye ne s’était pas éloigné du pays, cerné par les urgences. Au contraire, jure-t-il, en passant cinq jours au cœur des îles du Saloum, le président de la République avait décidé de se «rapprocher de son essence : ses terres, ses eaux, ses habitants».

«Une immersion» faite «de rencontres et d’écoute, au milieu des paysages du terroir, en dialogue avec les forces vives et au contact direct d’une nature généreuse, parfois menacée», reprend Le Soleil. Qui précise : «Il a voulu un déplacement discret, presque intime, afin de privilégier la simplicité des rencontres, la spontanéité des échanges et la vérité des lieux visités.»

N’empêche, le séjour présidentiel reste un coup de com au cachet touristique, avec un air de vacances. Le Soleil, en en faisant le compte-rendu, présente d’ailleurs Diomaye Faye «en promoteur du tourisme local».

Le voyage débute à Fathala, la réserve naturelle entretenue entre Toubacouta et la frontière avec la Gambie. «Là, au milieu d’une savane soigneusement préservée, il a marché aux côtés des lions», rapporte le quotidien national.

Puis, le Président s’est arrêté dans un champ de mil. «Geste simple, presque instinctif, qui résonne comme un retour à ses origines paysannes», interprète la même source, avant de signaler que pour Diomaye Faye «l’agriculture n’est pas qu’un pilier de l’économie nationale, c’est [aussi] une mémoire vivante, un art du temps long, un lien invisible entre les générations».

L’étape de Toubacouta a été marquée par une rencontre avec le maire, le chef de village, l’imam, la représentante des femmes et le président de l’Association pour le développement local. «Les échanges ont été directs et francs, dans un esprit d’écoute mutuelle», renseigne Le Soleil, sans plus de précision sur les sujets abordés.

Diomaye Faye a ensuite parcouru les eaux du Sine-Saloum, à travers les mangroves. Il a visité, selon Le Soleil, l’île Sipo, l’aire marine protégée de Bamboung et le centre ostréicole de Némaba. «Là, informe le journal, les femmes de la localité, surnommées ‘reines de l’eau’, cultivent les huîtres avec un savoir-faire transmis et adapté au fil des générations.»

L’immersion présidentielle s’est conclue «par un geste concret et porteur d’espoir, d’après le quotidien national : le reboisement de la mangrove, écosystème vital pour la biodiversité et la protection des côtes. Aux côtés de la responsable d’un hôtel local, le Président a planté de jeunes pousses, symbole d’une vision qui dépasse le court terme».

Le Soleil affirme que pour Diomaye Faye, qui «a mêlé contemplation et action, immersion et réflexion, ce voyage a été une déclaration en actes : le développement du Sénégal ne se pense pas uniquement depuis un bureau, il se vit au contact de ses territoires, de ses habitants et de sa nature».