CAN 2025 – Épilogue : Gouvernance, héritage et responsabilité partagée. Par Mactar Ndiaga Ndiaye

Le débat autour du football africain révèle la persistance de narrations qui tendent à personnaliser excessivement le progrès collectif.

Appliquée au cas marocain, notamment dans le cadre de la CAN 2025, l’idée selon laquelle l’investissement d’un État vaudrait reconnaissance permanente ou exception institutionnelle interroge le principe même de gouvernance confédérale.

La désignation du Maroc pour accueillir la CAN 2025 traduit avant tout la confiance de la CAF dans ses capacités organisationnelles et infrastructurelles. Elle constitue une reconnaissance majeure, mais ne saurait être interprétée comme un capital d’immunité.

À l’image de l’Afrique du Sud lors de la Coupe du Monde 2010, organisée au prix d’un investissement estimé à près de 3 milliards de dollars américains, l’accueil d’un grand événement sportif s’inscrit dans une logique d’héritage. Ces investissements génèrent des retombées économiques significatives, laissent des actifs durables, renforcent le capital immatériel et accroissent le soft power du pays hôte, dont il demeure le premier bénéficiaire.

Dans ce contexte, toute décision disciplinaire relève d’une réponse circonstanciée à une situation donnée, et non d’un jugement national.

La tendance à nationaliser le débat ou à y projeter une lecture conflictuelle détourne l’attention des enjeux réels. Elle masque notamment les fragilités structurelles de la CAF, en particulier en matière d’arbitrage, d’application des règlements et de gestion opérationnelle des compétitions, qui ont parfois nourri des perceptions persistantes de manque d’impartialité.

La persistance de polémiques tendancieuses comporte, par ailleurs, un risque stratégique non négligeable : celui de neutraliser les avantages immédiats et d’éroder les bénéfices attendus de l’organisation de la CAN 2025, tant en termes d’image que d’influence continentale.

Le football africain ne se construira ni par la sacralisation d’un acteur, ni par l’exception permanente, mais par une gouvernance crédible, une responsabilité partagée et des règles communes respectées.

C’est à cette condition que l’excellence sportive, adossée à une transparence assumée, pourra pleinement jouer son rôle : consolider durablement la confiance et accompagner la maturation du football africain.

 Mactar Ndiaga Ndiaye

Founder, Consultant Principal Sport & Social Innovation

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